Je tiens à remercier vivement Oriane Petiot et Jérôme Visioli de m’avoir proposé de contribuer à leur Encyclopédie des sports collectifs au travers d’une texte consacré à Maurice Portes. Nous avons été Maurice et moi collègues à Montpellier pendant une dizaine d’années, avant qu’il ne prenne sa retraite. Complicité professionnelle, amicale aussi, même si le fossé générationnel engendrait quelques distances. Voici quelques années, on m’a demandé quels auteurs m’avaient le plus influencé dans mon parcours. J’avais cité sans hésiter Jacques de Rette, le fondateur des Républiques des Sports, et Maurice Portes. C’est dire l’importance que cette proximité a eu pour moi.
Notre première rencontre remonte à mon arrivée à l’UFR STAPS de Montpellier, en 1994. Il faut imaginer ce que pouvait à l’époque ressentir un jeune maître de conférence faisant face au sein du département Éducation et Motricité à Maurice Portes, André Quilis, Alain Hébrard, Marc Durand et Marielle Cadopi. Maurice avait souvent ce regard perçant que l’on pouvait interpréter comme « qu’est-ce qu’il raconte encore celui-là ? ». Ce qui incitait à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir.
En 1997, j’ai proposé à Maurice de créer une maîtrise « Enseignement de l’EPS ». Les étudiants ont vite appelé ce diplôme la maîtrise « Portes-Delignières », dans la mesure où nous assurions l’un et l’autre près de 80% des enseignements. C’était un projet délibéré : il s’agissait de développer une conception forte, culturaliste de l’EPS et de faire de ce diplôme un laboratoire d’idées, dédié à cette approche. Il a accepté ce projet avec plaisir, ce que j’ai reçu comme une sacrée marque de confiance…
Nous avons ensuite œuvré, au début des années 2000, dans la section montpelliéraine de l’AEEPS, au sein de laquelle nous avons organisé plusieurs éditions des « Rencontres de l’EPS », de 2001 à 2004, autour des questions des rapports entre l’EPS et la culture, évidemment, mais aussi du plaisir, en collaboration avec Guy Haye.
Au-delà de nos engagements professionnels, nous partagions une admiration sans borne pour un certain poète sétois, lui pour avoir été dans sa jeunesse dans le cercle des « amis de Georges », et moi pour vénérer (entre autres) « Pénélope » et ses harmonies fatales. Les repas dans sa maison de Balaruc étaient autant d’occasions pour échanger à ce sujet…
Dans cet article, je présente certaines idées développées par Maurice, qui ont singulièrement marqué nos échanges et m’ont aidé à structurer mes propres conceptions.
Delignières, D. (2023). Maurice Portes : d’une passion du Handball à une conception de l’EPS. In J. Visioli & O. Petiot (eds.), Encyclopédie des sports collectifs. Regards croisés entre recherche et intervention (pp. 349-357). Clapiers: AFRAPS.